Synthèse des travaux de recherche

Synthèse (version pdf)                                                                                         CV (FR)

Mes travaux de recherche, se situant entre l’économie du développement et l’économie du travail, ont en commun l’analyse empirique de données micro-économiques. Dans le prolongement de ma thèse de doctorat, les articles entrepris jusqu’à alors ont eu pour objet d’étude l’offre de travail des enfants et les difficultés d’intégration des jeunes sur le marché du travail, dans plusieurs pays africains et latino-américains. Je détaille brièvement ci-dessous les différents travaux effectués

 Comprendre la persistance du travail des enfants

Sous l’égide de l’Organisation internationale du travail (OIT), une multitude de politiques et de lois ont été mises en œuvre ces 20 dernières années afin d’éradiquer, en vain, le phénomène du travail des enfants. En 2012, 16.8% des enfants de 5 à 14 ans étaient encore comptabilisés comme économiquement actifs à travers le monde (ILO, 2013). Un premier article ([1], 2012) réexamine l’hypothèse de pauvreté des parents, communément admise comme le déterminant principal de la mise au travail de leur progéniture (Basu et Van, 1998), dans le contexte rural malien. Plus précisément, il s’agit dans cet article d’évaluer empiriquement si le travail des enfants est la résultante de la pauvreté (le loisir étant alors un bien de luxe inaccessible aux ménages se situant sous un niveau de subsistance) ou si au contraire les propriétaires terriens, de surcroîts riches, étaient contraints d’embaucher des enfants en raison d’imperfections sur les marchés du travail, du crédit et de la terre. L’article suppose que ce “paradoxe de la richesse” (Bhalotra et Heady, 2003) varie selon le milieu de résidence et les activités entreprises par les enfants (à l’intérieur ou à l’extérieur du cadre familial). Je montre notamment une absence de linéarité entre le travail des enfants et deux mesures de richesse que sont les dépenses de consommation et la taille des terres agricoles. Cette non-linéarité explique ainsi pourquoi nous pouvons trouver en milieu rural à la fois un effet positif et un effet négatif du niveau de pauvreté parental.

Il s’agirait ainsi de relâcher certaines contraintes financières afin de réduire, pour certains ménages tout du moins, la nécessité de recourir à la force de travail enfantine. Quel rôle peuvent alors jouer les flux massifs d’envois de fonds sur l’offre de travail des enfants restés dans les pays d’origine? Cette question est examinée lors d’un second article ([4], 2015) co-écrit avec O.Bargain (Université d’Aix-Marseille). Notre analyse empirique porte sur le Burkina Faso, un pays connaissant à la fois des taux importants de travail des enfants et de migration. La relation entre la réception d’envois de fonds et la décision d’allocation du temps des enfants est cependant complexe, dépendante notamment du montant et de la perception de ces transferts comme revenus complémentaires ou de remplacement. L’impact sur les enfants diffère également si le ménage reçoit ces transferts d’un membre direct de sa famille (impliquant le besoin de remplacement de la force de travail perdue) ou d’un individu extérieur au ménage. Pour identifier cette complexité des liens, nous utilisons les variations exogènes du montant des envois de fonds reçus en les instrumentant par les conditions économiques dans les pays de destination des migrants (potentiels ou réels), et en différenciant selon le type de ménage (receveur ou non; avec ou sans migrant). Nous trouvons qu’en moyenne les envois de fonds n’ont pas d’impact sur le travail des enfants. Cependant, recevoir des fonds d’un migrant permanent (parti depuis plus de 5 ans, et pour lequel le besoin de remplacement ne se fait plus sentir) réduit de manière significative (entre 5 et 11% selon les spécifications) le travail des enfants. S’il n’y a pas de différences en fonction du genre, les fonds envoyés par le migrant permanent influencent surtout l’allocation du temps des plus jeunes enfants (entre 5 et 10 ans), soulignant la volonté des ménages d’intégrer progressivement leurs enfants sur le marché du travail.

Un troisième article ([3], 2014) élargie le concept de pauvreté à celui de la vulnérabilité, en proposant de clarifier et de quantifier l’impact du climat sur l’incidence et l’intensité du travail des enfants. Cet article part de l’observation que le travail des enfants, qui est surtout un phénomène rural, résulte tout autant de la nécessité de (re)constituer, au-delà du seuil de subsistance, un certain niveau de richesse (fluctuant au gré des chocs) que d’une stratégie de diversification des risques. Cet article prend pour cas d’étude le Malawi, un pays possédant un climat extrêmement variable et une agriculture sensible aux précipitations. La vulnérabilité climatique est appréhendée comme une fonction de l’exposition aux risques climatiques et des capacités de résilience de la communauté. Cet article conclue qu’un ménage hautement vulnérable au climat (parce qu’il est fortement exposés aux risques et chocs climatiques et/ou qu’il possède de faibles capacités de résilience) verra la capacité de production de ces terres s’affaiblir et ainsi la probabilité de travailler de ces enfants se réduire (celle d’effectuer des travaux domestiques demeurant inchangées). Dans une seconde spécification distinguant l’effet de la vulnérabilité bio-physique à celle de la résilience sociale, seule la première influence significativement les résultats. Le travail des enfants semble donc être une variable d’ajustement à la production locale, faiblement corrélé avec la résilience des communautés.

L’impact du travail des enfants sur le bien-être des parents est jusqu’à présent inconnu. Pourtant, la persistance du travail des enfants à travers le monde malgré les moyens mis en œuvre pour contrer ce phénomène, nous questionne sur les préférences des parents envers ce choix. Une manière originale de tester cela est de vérifier si le bien-être subjectif des parents est impacté par le fait que leur(s) enfant(s) travaillent. A partir d’un panel de ménages mexicains nous trouvons, dans un article co-écrit avec O.Bargain et soumis à publication ([6], 2017), qu’avoir au moins un enfant travailleur équivaut à une perte en équivalent monétaire de 13 à 18% (selon les spécifications). Le choix est cependant rationnel car l’enfant apporte un revenu du même ordre de grandeur. Les situations sont néanmoins contrastées en fonction des normes sociales ou du partage du pouvoir au sein du ménage. La perte en bien-être subjectif est ainsi surtout présente dans les régions où la prévalence du travail des enfants est faible. De plus, au sein du ménage, seul celui qui n’a pas le pouvoir de décision est affecté par cette situation. De cette perspective, les différentes théories contrastées du travail des enfants peuvent coexister. La mise en lumière de l’insensibilité de certains individus pour le travail de leurs enfants permet aussi de mieux comprendre pourquoi certaines politiques anti-pauvreté n’ont pas permis d’éradiquer le travail des enfants.

 La transition des jeunes sur le marché du travail

Si pour certains l’entrée dans la vie active s’effectue à un âge précoce, l’accès au marché du travail peut, en revanche, être difficile pour les jeunes diplômés. En Afrique, le défi de l’emploi des jeunes est particulièrement prégnant. Principales victimes lors d’une baisse de la croissance économique, ils font face à une  situation alarmante (difficulté d’accès à un premier emploi, instabilité des parcours professionnels, inactivité, chômage, etc.) susceptible de se dégrader davantage. A l’information statique que représentent les taux d’emploi et le statut d’occupation des jeunes, j’ai préféré adopter une approche dynamique en étudiant les transitions entre la fin de l’éducation et le début de l’entrée sur le marché du travail. Dans un article précurseur sur les jeunes urbains maliens [(2], 2013), plusieurs modes de transition sont analysés : du système scolaire (i) vers un premier emploi, et (ii) vers un emploi satisfaisant. En raison d’un manque d’information sur les dates exactes de sortie d’école et d’entrée sur le marché du travail, une méthodologie nouvelle d’évaluation de la durée de transition moyenne est proposée. L’indicateur de transition ainsi créé a, par la suite, été amélioré pour prendre en compte la dimension qualitative de l’emploi. Les résultats apportent des éclairages sur les durées particulièrement longues d’accès à l’emploi. Les femmes et les diplômés d’études supérieures sont particulièrement discriminés, alors que les plus riches et les migrants, grâce à l’ampleur de leurs réseaux sociaux, s’insèrent plus facilement sur le marché de l’emploi.

Le deuxième article sur ce thème précise le rôle de la migration interne comme accélérateur de transition vers le marché du travail ([5], 2017). Ce papier étudie plus précisément l’écart de la durée de transition vers un premier emploi entre les jeunes ougandais ayant migré à l’intérieur du pays et ceux de la même catégorie d’âge n’ayant jamais migré. Afin de prendre en compte la diversité des contextes ougandais (certains entrent à un âge précoce, d’autres attendent la fin de scolarisation, et d’autres encore n’ont jamais été scolarisés), différents points d’entrée sont considérés : la date de naissance de l’individu, l’âge légal minimum d’entrée sur le marché du travail (14 ans), et la date de fin d’étude. En premier lieu, différents modèles de durée concluent sur un accès facilité au marché du travail (ou en d’autres termes à une plus courte transition) pour les migrants relativement aux non-migrants, à l’exception de la transition école-travail. Les effets varient cependant considérablement selon le milieu d’origine et de destination, ou selon les raisons de la migration (économique, mariage ou autre). Dans un deuxième temps, l’étude décompose les modèles afin de différencier entre les effets de dotation (partie expliquée) et les effets de structure (partie non-expliquée). Une adaptation de la méthode d’Oaxaca-Blinder (Oaxaca, 1973; Blinder, 1973) aux modèles non-linéaire est ainsi proposée et met en évidence le rôle déterminant de certaines variables tels que le milieu d’origine, le genre de l’individu, sa cohorte d’âge et son niveau d’éducation.

Basu, K. et Van, P. H. (1998), “The economics of child labour”, American Economic Review, vol. 88, 412-27.

Bhalotra, S., et Heady C. (2003), “Child farm labor: The wealth paradox.” The World Bank Economic Review 17.2 (2003): 197-227.

Blinder, A.S. (1973) “Wage discrimination: reduced form and structural estimates.” Journal of Human resources, 436-455.

ILO, (2013), “Global child labour trend 2008 to 2012”, Organisation Internationale du Travail, Genève.

Oaxaca, R. (1973) “Male-female wage differentials in urban labor markets.”  International economic review (1973): 693-709.

 Liste des travaux évoqués

[1] Boutin D. (2012), “Family farming, child labour and the wealth paradox: evidence from Mali”, Economics Bulletin, Vol. 32 No.4, pp. 3471-3479.

[2] Boutin D. (2013), “De l’école à l’emploi: la longue marche de la jeunesse urbaine malienne”, Revue Formation Emploi, Vol.124, pp. 22-43.

[3] Boutin D. (2014), “Climate vulnerability, communities’ resilience and child labour”, Revue d’Economie Politique, 124 (4) juillet-août 2014.

[4] Bargain O. and Boutin D. (2015), “Remittances and child labour in Africa: Evidence from Burkina Faso”, Journal of Development Studies, Volume 51, Issue 7, p.922-938.

[5] Boutin D.(2017), “Migration experience and access to a first job in Uganda”, forthcoming in “International Labour Review”

[6] Bargain O. and Boutin D. (2017), “Does child labour hurt parents? Evidence from Subjective Data”, submitted.

Perspectives de recherche: Expériences naturelles et décisions d’allocation du temps

Je présente dans cette section mes projets de recherche en cours et futurs. Ils s’inscrivent dans la continuité des axes de recherche précédemment présentés, et dans lesquels je cherche à étendre et approfondir plus spécifiquement certaines questions.

Dynamique d’emploi, migration et opportunités pour les jeunes du Printemps arabe

La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) connaît une crise emblématique de l’emploi des jeunes, où les diplômés présentent des taux de chômage extrêmement élevés en raison notamment du déclin du secteur public.

 Rendement individuel de la migration interne

Cet article approfondit les liens entre migration interne et accès à un premier emploi, en essayant d’y extraire une relation de causalité. L’un des principaux challenges pour estimer cette relation tient au fait que ces deux processus  dynamiques sont fortement corrélés. La réalisation de la migration (mais également sa date d’occurrence) dépend des préférences individuelles, du réseau, de la personnalité, du milieu d’origine et/ou du niveau de compétences, autant de variables qui peuvent parallèlement affecter la vitesse de transition vers le marché du travail. L’accès généralisé à l’éducation en Égypte est malheureusement couplé à de piètres perspectives sur le marché du travail. Les migrations internes précédentes ont notamment conduit à une sur-urbanisation du Caire et une concentration des activités dans la capitale, incitant d’autant plus les jeunes ruraux éduqués à migrer vers les zones urbaines. J’utilise les informations rétrospectives des différentes dates de migration et d’emploi de la vague 2012 de l’enquête égyptienne Egypt Labor Market Panel Survey (ELMPS 12) pour tester cette relation. L’analyse est effectuée en intégrant l’existence d’un secteur “sombre” (murky sector) afin de tester le modèle de Fields (1975) qui spécifiait que chaque migrant faisait face à différente options: rester dans leur régions d’origine, migrer et décrocher un emploi régulier (après une période plus ou moins longue de recherche d’emploi) ou migrer et avoir un emploi “non-régulier”. L’interdépendance entre la migration interne et l’accès au marché du travail (à travers la corrélation des inobservables) est estimée de manière jointe à l’aide de la méthode “timing-of-event” d’Abbring et Van der Berg (2003). En exploitant la variation dans l’âge et la date de la migration, ce modèle de durée non-paramétrique permet de tenir compte des effets de sélection sur des variables observables et non-observables. Sous hypothèse de non-anticipation, un changement dans la probabilité d’accès au marché du travail à la date exacte de migration révèle l’effet causal, puisque l’hétérogénéité (non variante avec le temps) est supposée constante sur la période.

Inégalités d’opportunités en Égypte

Dans un projet mené avec R. Dimova (Université de Manchester), nous nous intéressons à la mobilité inter-générationnelle en Égypte. Le facile accès à l’éducation a conduit à une forte mobilité éducationnelle entre les générations. Néanmoins la généralisation du népotisme provoque une faible mobilité en termes d’occupation et de revenus. Si l’origine familiale et les connexions jouent un rôle important dans la sécurisation de l’emploi, seulement une partie privilégiée de personnes éduquées est capable d’acquérir le travail correspondant à ses qualifications. L’hypothèse testée dans ce projet est que l’inadéquation entre l’éducation et l’occupation du jeune est plus importante lorsque les parents ont des faibles statuts d’occupation. Nous utilisons l’enquête “Panel survey of young people” menée entre 2009 et 2014, afin de tester, conditionnellement aux occupations des parents et après avoir tenu compte des caractéristiques inobservables qui les influencent, quels sont les rendements

de l’éducation pour chaque type d’occupation parental. En utilisant la dimension panel et les changements sur le marché du travail entre les deux vagues. nos résultats nous permettront ainsi de comparer si les faibles performances des jeunes sur le marché du travail sont davantage expliquées par une classique inégalité d’opportunités ou bien par des caractéristiques structurelles du marché du travail, reflétant par exemple l’absence de demande pour un certain type d’occupation ou de profil.

Printemps arabe et intention de migration

L’expérience naturelle du printemps arabe (considérée comme exogène car provoquée dans un premier temps par la révolution tunisienne en 2010, puis par le putsch inattendu de l’armée) offre un terrain d’analyse à l’impact des événements politiques sur les migrations. Étant donné le court laps de temps écoulé depuis les événements politiques, cet article s’intéresse plus particulièrement aux intentions de migrations à l’international. Une analyse en double différences permet ainsi de comparer les différentiels d’intentions de migration entre des individus du même âge mais à différents points dans le temps. Plusieurs groupes de contrôle sont considérés, en référence à la localisation géographique, l’appartenance politique et la participation civile.

 Allocation du temps de travail intra-ménage

Ces deux articles se proposent d’étudier l’allocation du temps entre les différents membres du ménages, et plus particulièrement entre les travailleurs “secondaires”, c’est-à-dire les femmes et les enfants. Deux types d’expériences naturelles sont étudiées: la variabilité climatique en Ouganda et l’effet d’une réforme visant à augmenter l’âge minimum de mise au travail au Brésil.

Exposition et sensibilité au climat

Différentes stratégies s’offrent aux ménages, afin de réduire leur dépendance au climat (diversification de la production agricole, recherche d’emplois non agricole, migration) ou leur sensibilité (en évitant notamment de s’installer dans des zones très risquées, en renforçant les installations existantes ou en s’assurant contre le risque). Dans un projet co-écrit avec N. Sirven (Université Paris 5 Descartes), nous proposons d’étudier l’adoption de stratégies d’adaptation face au risque et chocs climatiques  en Ouganda. Basée sur un panel de 3 ans, notre stratégie d’identification se base sur l’hypothèse que le climat n’affecte les individus qu’à travers les variations induites sur leur profit agricole.Différentes dimensions sont analysées pour estimer l’impact des chocs: subjective (déclarés par le ménage), objective (mesurés par un indice standardisé d’évapo-transpiration), temporelle (à l’instant t, à t-1, à t-2, à t+1). La composante risque est elle estimée à l’aide de coefficient de variation et de z-score des précipitations et de l’indice standardisé d’évapo-transpiration). Une première équation estime l’impact du climat sur le profit agricole. Le Mills ratio résultant est injecté dans une seconde équation multivariée qui prends en compte les différentes choix du ménage: informelle (mise au travail des femmes, des enfants, des hommes inactifs, migration des hommes actifs) et formelle (mises en place de systèmes d’irrigation, utilisation de fertilisants, accès au marché financier). Cet article permet de mieux saisir les stratégies d’anticipation et d’adaptation de court-terme des ménages.

Réforme de l’âge minimum d’accès au travail au Brésil

Une variation de l’accès au marché du travail d’un certain type de travailleur peut également entraîner un changement de l’allocation du temps de travail des autres membres du ménage. Cet article étudie l’impact de la réforme brésilienne du 15 décembre 1998 augmentant l’âge légal minimum d’accès au marché du travail de 14 à 16 ans. Si les effets théoriques d’une interdiction sur la mise au travail des enfants sont bien documentés (Basu et Van, 1998), peu d’analyses testent empiriquement les modèles et l’étendent aux autres travailleurs du ménage. Nous prenons partie du fait que l’assignation au traitement est aléatoire car dépend de la date de naissance de l’enfant. Une analyse en “regression discontinuity” et en “difference-in-discontinuity” permet ainsi de tester l’effet de la réforme sur différentes définitions et secteurs du travail des enfants, en comparant soit des individus du même âge (différence autour de la réforme et du placebo entre deux cohortes prise au même âge), soit des individus de la même cohorte mais soumis à des différences d’éligibilité. L’analyse est prolongée dans un deuxième temps pour étudier l’effet sur les autres enfants de la fratrie et sur leur mère.

Abbring, J. et Van den Berg, G. (2003), “The nonparametric identification of treatment effects in duration models.” Econometrica 71.5 (2003): 1491-1517.

Basu, K. et Van, P. H. (1998), “The economics of child labour”, American Economic Review, vol. 88, 412-27.

Fields, G. (1975), “Rural-urban migration, urban unemployment and underemployment, and job-search activity in LDCs.” Journal of development economics 2.2 (1975): 165-187.


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